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Sartre l’Ami Algérien

Cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie oblige, on ne peut mettre de côté l’apport d’un philosophe exceptionnel qui s’est tenu opiniâtrement du côté des Algériens pour les accompagner dans leur lutte pour recouvrir leur liberté et leur dignité. Ce philosophe était Jean Paul Sartre.

Penseur prodigieux, homme de lettres prolixe, dramaturge reconnu, journaliste respecté, mais surtout, et avant tout, intellectuel engagé. Dès 1956, suite aux pouvoirs spéciaux octroyés à Guy Mollet afin de mater la rébellion algérienne, Sartre dénoncera, sans relâche, l’injustice infligée aux Algériens. Il condamnera fermement le colonialisme qui était pour lui, et par essence, antihumaniste. Voilà ce qu’il écrit à ce sujet dans sa fameuse préface au livre, non moins célèbre, de Frantz Fanon « Les damnés de la terre » : « La violence coloniale ne se donne pas seulement le but de tenir en respect ces hommes asservis, elle cherche à les déshumaniser. » Le colonialisme a été un système inique qui déshumanisait à la fois le colonisé et le colonisateur C’est exactement l’antithèse de ceux qui affirment que la colonisation fut une œuvre civilisatrice. Pire que cela, le colonialisme, pour Sartre, est à rebours des principes fondateurs de la République Française : « Quel bavardage : liberté, égalité, fraternité, amour, honneur, patrie, que sais-je ? Cela ne nous empêchait pas de tenir en même temps des discours racistes, sale nègre, sale juif, sale raton.» écrit-il dans « Situations V ». Au-delà du refus du racisme, pendant la guerre d’Algérie, la position de Sartre a été sans ambiguïté concernant la torture. Cette pratique était pour lui tout simplement inacceptable. Quand les réseaux favorables au FLN furent jugés, au début des années soixante, il se déclara « porteur de valise ». Jamais il ne renia son engagement. Malgré le plastiquage par deux fois de son appartement, ni la censure qui frappa par cinq fois « Les temps modernes », la célèbre revue dont il fut l’un des fondateurs.

Dans son rejet viscéral de l’injustice, on pourrait le comparer à un Rousseau. Il s’est toujours mis du côté des faibles, des opprimés, des exploités. On a beaucoup glosé sur les erreurs de Jean Paul Sartre, sur ses engagements. Toujours est-il, qu’il était parmi les premiers à dénoncer l’injustice  où qu’elle soit. A la fin de sa vie, il dénonça la condition faite aux Palestiniens et s’il accepta un titre honorifique de l’université de Jérusalem des mains de Levinas, c’était uniquement pour favoriser le dialogue israélo-palestinien.

A.Boukerche

Blog Amine Boukerche

One thought on “Sartre l’Ami Algérien

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