Temps Forts

Rencontres avec l’Algérie. Une fraicheur juvénile.

Les Rencontres avec l’Algérie dont le coup d’envoi a été donné le 14 octobre, à Villejean, ont battu leur plein une semaine durant.

La présence, cette année, d’un groupe de jeunes de Tlemcen, a donné à cette deuxième édition 2011 une touche particulière de fraicheur. Nombreux ont été ceux qui se déclarent enchantés par la tenue, la maturité et la joie de vivre de ces adolescents, venus découvrir pour la première fois la Bretagne et la diversité de sa population.

En présence du Vice consul d’Algérie Mr Mimouni, Hind Saoud, Conseillère régionale, élue à la Ville de Rennes et de Marie-Anne Chapdelaine, adjointe au Maire en charge de l’égalité des droits et de la laïcité, les temps forts des Rencontres ont débuté au Centre Culturel Avicenne, où les Amis de l’Algérie ont été invités à présenter une série de conférences, le samedi 15 octobre, sur le thème de la multiculturalité.

Après le mot de bienvenue  de Lakhdar Khelifi Président du Centre ainsi que de Toufik Hedna, président de l’Association les Amis de l’Algérie, la parole a été donnée à Mme marie Anne Chapdelaine qui a rappelé à quel point ce genre de manifestations était important pour « le Vivre ensemble à Rennes ».

L’enfant de Tlemcen, Mohamed Dib, a été célébré par Gérard PREMEL qui a insisté sur le rapport qu’entretenait ce grand écrivain avec la culture et surtout la langue française dans la construction de son identité algérienne.

Roger PEREZ a retracé la vie du grand mystique Sidi Boumediene, patron de la ville de Tlemcen, et contemporain d’Averroès.

Amine BOUKHERCHE, quant à lui, a évoqué les origines historiques et philosophiques du concept de laïcité et ses liens avec la multiculturalité, ce qui  suscita un débat fécond alimenté par une assistance, tant féminine que masculine, aussi attentive que dynamique. L’échange s’est poursuivi autour d’un repas convivial à l’initiative du centre culturel.

Dimanche 16 octobre, un groupe de collégiens de Tlemcen composé de 4 filles, 6 garçons et 2 accompagnateurs ont été accueillis à l’aéroport Charles De Gaulles, à Paris, par le Président de l’Association amis de l’Algérie Toufik HEDNA.

Répartis dans des familles d’accueil rennaises, ces jeunes ont été reçus dès le lundi matin au collège
Montbarrot par Mme la principale de l’établissement agréablement surprise par leur maitrise du français. Les élèves ont alors découvert le programme de la semi-immersion scolaire qui leur était proposée.

Première activité de ce programme, la visite guidée de la ville de Rennes sous la houlette de Gérard PREMEL qui leur a fait découvrir la ville sous ses différents aspects historiques et architecturaux.

 

Mardi, MonceF Chebbouh, jeune cinéaste et membre actif de l’association, les a initiés au montage-cinéma à travers la réalisation d’un court métrage dont les jeunes étaient les acteurs. Conçu sous forme d’un jeu de rôle à travers une parodie de transformisme inter-générique, le film leur aura permis d’aborder avec humour des sujets brulants tels que la polygamie et le sexisme. Le soir Halim Bouabdallah, le directeur du groupe scolaire de Tlemcen, a partagé ses talents de musicien et de percussionniste avec les adultes de la maison de quartier de Villejean.

Mercredi, c’est dans le cadre d’un échange culinaire animé par Firouz et Isabelle que nos jeunes ont découvert la crêpe bretonne, et que de leur côté les villejeannais ont goûté aux crêpes algériennes, familièrement appelées « Mille Trous ».

Jeudi matin Sur Radio Laser 95.9, à Guichen, Toufik Hedna, animateur d’une émission, programmée habituellement le samedi, de 16h00 à 17h00, a donné la parole en direct aux jeunes de Tlemcen et à leurs accompagnateurs pour une émission spéciale d’  « Entre deux Rives ».

L’après-midi, au Théâtre de la Paillette, dont le directeur Bernard Quéruau a tenu à accueillir personnellement le groupe pour une visite guidée du site et du Théâtre, a permis la découverte des différentes facettes de la structure, la rencontre avec une compagnie en résidence « Lumières D’Août» et la pratique en atelier avec Nadia Ragonnet de la compagnie Paci-bès.

Le Vendredi a été consacré à un temps fort des Rencontres sur le thème de la justice et la révolte arabe, animé par le professeur Amine Boukerche.

C’est par le biais de la poésie d’Aït Djaffar témoin algérois de la violence à laquelle pouvait mener la misère au temps de la colonisation que l’écrivain et sociologue Gérard Prémel a introduit la notion de justice liée de façon intrinsèque à l’injustice sociale.

Olivier Lecour Grandmaison, a mis le doigt sur la nécessité pour la France d’une clarification politique, historique et judiciaire de ses relations avec l’Algérie depuis la colonisation.

Quant à Gilles Munier, il a élargi la vision du thème à l’actualité des différentes révoltes dans le monde arabe, soulignant que chacune présentait sa spécificité et sa complexité propre. Il a également évoqué pour chacune de ces révoltes les positionnements de la France.

A cette occasion une exposition de photos reportage sur les premiers jours de la Révolte égyptienne réalisée par Ophélie Mercier, étudiante à Sciences Po Rennes, a été présentée.

Les jeunes ont participé à cet évènement en confectionnant un repas typique de Tlemcen, qui a réuni les intervenants et les membres de l’association.

Pour clôturer les rencontres avec l’Algérie, le samedi 22 octobre, le défi lancé par Karim Nacef, professeur accompagnateur des jeunes, consistait à préparer seul un repas traditionnel offert par l’association des Amis de l’Algérie pour plus d’une centaine de personne, a été mené à terme avec brio et fortement applaudi par les convives.

La soirée qui a suivi le repas, d’une qualité artistique hors du commun, nous a ouvert les portes d’une ville de Tlemcen, capitale de la culture musicale arabo-andalouse, méconnue à ce jour. La fin de la soirée animée par les jeunes invités de l’association a revêtu un caractère exceptionnel. La restitution de leurs travaux des différents ateliers, le défilé de mode algérien, les chants et la chorale et les danses traditionnelles ont embarqué l’ensemble du public dans une convivialité décrite par Gérard Prémel « d’un bain de jouvence».

Ce séjour trop court, soulignaient certains, s’est terminé tôt dimanche matin, par des larmes, des embrassades, d’échanges sur Facebook et surtout des promesses de participation aux prochaines rencontres.

Le but de cet échange qui était de casser les clichés concernant, l’Algérie, sa jeunesse et sa capacité d’ouverture a été largement atteint et même dépassé. Et c’est avec enthousiasme que l’équipe organisatrice des « Rencontres avec l’Algérie » s’attèle dès à présent à la préparation de la prochaine édition du festival.

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