Les Amis de l’Algérie ont rencontré Yahia Belaskri

L’association des « Amis de l’Algérie » a rencontré Yahia Belaskri, à la médiathèque Le Volume à Verne sur Seiche, le 21 mai 2016 dans le cadre des Rendez-vous Littéraires, organisés par l’association CAP&GO, pour présenter son livre « Les Fils du Jour » aux éditions Vent d’ailleurs, un livre de 180 pages.

Un très beau roman ! Et d’abord un bel objet à prendre en mains, par une maison d’édition qui apporte visiblement un soin tout particulier à la qualité graphique.

C’est la saga d’une famille d’Algérie, de 1847 à 1894. En suivant El Hadj (de la tribu des Fils du Jour), en suivant celle qu’il a aimé toute sa vie, Agathe qui se fera H’jira – la pierre précieuse- leurs parents et leurs enfants, c’est tout un pan de l’histoire de la colonisation française que l’on découvre. le livre est très rigoureusement documenté sur le plan historique, éclairant des faits avérés, la défaite d’Abd el-Kader, sa défense des chrétiens de Damas, les dispositifs de pillage des terres collectives des tribus arabes au profit des colons, les massacres des populations musulmanes pour les soumettre à l’empire français… Jusqu’au lieutenant Rimbaud, de l’armée française, mais arabophile et traducteur du Coran, qui a vraiment existé, avant de devenir le père… d’Arthur Rimbaud (ce qui n’est pas précisé dans le roman). C’est aussi une très belle histoire d’amour. C’est un rappel d’une époque disparue, d’un monde englouti par la brutalité de la conquête où, bon an mal an, différents peuples de différentes cultures et religions : musulmane, chrétienne, juive, parvenaient, malgré le poids empesé de traditions parfois rétrogrades, à cohabiter dans un respect mutuel. C’est un très bel hommage à une civilisation trop niée, éprise d’arts, de joutes poétiques, d’architecture et d’échanges de toutes natures.
C’est une plongée dans un monde fascinant, un dépaysement total, on voyage, on chevauche, on aime et on combat aux cotés des acteurs (il y a du cinéma dans ce roman).
Des poèmes magnifiques, référés par l’auteur en fin d’ouvrage, trouvent naturellement leur place dans la voix des personnages. Cette épopée, souvent tragique, mais aussi lumineuse, est une magnifique leçon d’histoire certes, donc de vérité, mais aussi d’humanité, de tolérance, un très beau chant poétique.
Et une très digne réponse à ceux qui prétendent encore aujourd’hui vanter les soi-disant « bienfaits de la colonisation » et à tant de préjugés. Un livre à lire, à partager, à offrir.

Toufik Hedna

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