Ouest France : « Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste »

Farid Abdelkrim, Frère musulman repenti, témoignera ce vendredi après-midi dans le cadre des 6es Rencontres avec l’Algérie, à Villejean, sur ses années de militant islamiste.

 Son histoire est peu commune. Ancien militant au sein de l’organisation des Frères musulmans, le Nantais Farid Abdelkrim, 48 ans, est désormais humoriste et monte régulièrement sur les planches.

Ce vendredi, il sera au bar le Provençal, dans le cadre des 6es Rencontres avec l’Algérie, dalle Kennedy, à Villejean. Une journée de débats organisée par l’association des Amis de l’Algérie. Il évoquera son parcours, qu’il retrace dans l’ouvrage Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste.

« En recherche de moi-même »

Mère au foyer, un père ouvrier décédé alors qu’il est adolescent, Farid Abdelkrim a d’abord basculé dans la délinquance à Nantes, dans le quartier de Bellevue, avant de se tourner vers la religion. « J’ai commencé à faire dans la petite délinquance. Puis j’ai rencontré le fondateur des Frères musulmans, qui prône une vision politique et rigoriste de lIslam. La religion faisait alors face à un vide intellectuel abyssal. »

Il se souvient : « Est-ce que je suis algérien ? Est-ce que je suis français ? J’étais en recherche de moi-même, en perte de repères après la mort de mon père. »

Dans les années 1990, il devient prédicateur. Il prend des responsabilités à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). « Certains me surnommaient « ministre de la jeunesse », raconte-t-il. On a créé le mouvement des Jeunes musulmans de France (JMF). J’ai arpenté les rues en djellaba, pour me voir musulman dans le regard de l’autre. C’était une forme d’autostigmatisation. J’étais investi d’une mission : celle de récupérer la jeunesse laissée pour compte par une France qui ne la considère pas. »

« Certains se prennent pour Dieu »

Dix ans après ses années passées au sein des Frères musulmans, Farid Abdelkrim parle sans concession : « Certains se prennent pour des prophètes, d’autres pour Dieu. Pourtant la religion est censée nous amener les uns et les autres à réfléchir. J’ai vu des gens qui cherchaient le pouvoir, faire de l’argent. »

Aujourd’hui, Farid Abdlekrim est convaincu que « l’Islam doit être éloigné de la politique. Très vite, on perd de vue la quête de Dieu. »

Vendredi 6 novembre, à partir de 16 h, tables rondes, échanges et débats autour de « L’Avenir des Jeunes », dans le cadre des 6es Rencontres avec l’Algérie. Bar le Provençal, dalle Kennedy à Villejean.

Linda BENOTMANE.

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