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Ismaël Aït-Djafer : un grand méconnu des lettres algériennes

Pour ce deuxième festival de l’association des Amis de l’Algérie, il n’était pas possible de ne pas évoquer la figure de ce grand méconnu des lettres algériennes (amnésié serait un terme plus juste) qu’est Ismaël Aît-Djafer. Pus qu’oublié, en effet, cet auteur, condisciple et contemporain de Kateb Yacine, et dont l’immense et terrible poème Complainte des mendiants de la Casbah et de la petite Yasmina, paru clandestinement à Paris en 1951 par les soins  des étudiants de l’Union démocratique du Manifeste algérien, avait pourtant été publié un peu plus tard en 1954 dans la revue de Jean-Paul Sartre  Les Temps modernes, C’est cette même année qu’Ismael regagne l’Algérie au moment du déclenchement de l’insurection et pour y participer. Il en est expulsé en 1958 et c’est le périple Allemagne, Tchécoslovaquie…. Il ne verra donc pas la publication de sa complainte en 1960, par l’éditeur contestataire P-J Oswald. Ni plus tard, celle qui voit le jour en 1987 à Alger aux éditions Bouchene, grâce à Kateb Yacine, qui publie le poème et le préface : revenu au pays à l’indépendance, Aït- Djafer, partisan  de Ben Bellah, en est à nouveau expulsé en 1963. Il et meut en exil l’année même de cette publication. Donl il est probable que les deux dernières décennies vécues par l’Algérie aient lassées peu de traces. S’il fallait ériger un monument à l’exilé inconnu, Aït Djafer pourrait en être le modèle.
Sur le net, aucune référence sur un site français quelconque. Par contre Aït-Djafer est référé sur de nombreux sites anglophones : son poème a été traduit et publié par le grand traducteur et poète américain Jack Hrschman en 2004, et largement diffusé aux USA, puis dans toute l’anglophonie. Il a aussi traduit en catalan et en castillan, et on peut trouver même le poème en version originale sur le site Poesia de Ayer y de Hoy / Publicado Por Dsconocido.  Le meilleur hommage que l’on puisse rendre à Ismael aujourd’hui est de télécharger son poème, dédié à ceux qui n’ont jamais eu faim…. et de diffuser ce message de révolte, écrit dans une langue rauque proche de celle de Prévert et de Céline.
Gérard Prémel

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