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Hasard fortuit ou coïncidence heureuse autour de l’Algérie

Hasard fortuit ou coïncidence heureuse, ces derniers temps, l’Algérie ne cesse de se rappeler à la France. Il y a eu le film « Hors la loi », de Rachid Bouchareb, qui a déclenché des polémiques passionnées. Plus récemment encore, De Gaulles, dont la trajectoire politique ne peut être isolée du destin de Algérie, est l’objet de nombreux livres, documentaires, colloques qui évoquent cette période historique déterminante pour les deux peuples à savoir l’avènement de la V ème République. On pourrait aussi citer nombre d’événements relatifs à la guerre d’Algérie, mais la liste serait trop longue et non exhaustive. Ce qui semble émerger de tout cela, c’est le sentiment que le moment est venu de poser enfin un regard plus apaisé sur un passé, douloureux, pour les deux pays. Le temps des historiens est arrivé. Des deux de côtés de la rive. La possibilité d’accéder aux archives va permettre à la science historique de faire son travail. Bien sûr, certains historiens ont commencé ce travail depuis un certain temps déjà. Cependant, ce travail sur la mémoire ne concerne pas que les historiens. Algériens et Français sont indissociablement liés par une histoire qui excède le temps de la colonisation. Si les destins de ces deux peuples étaient liés par la colonisation, ils continuent de l’être après, dans le respect de la souveraineté respective de chaque Etat. Un de ces liens est la communauté immigrée algérienne. Par son importance, elle constitue un pont entre les deux pays. D’où, sans doute, le rôle fondamental qui incombe à l’immigration algérienne d’être une passerelle qui faciliterait l’entente, le dialogue, la compréhension mutuelle entre les deux peuples.C’est, dans ce cadre, que l’association « Les amis de l’Algérie » s’inscrit. Cette jeune association rennaise, nouvellement réalisée, animée indifféremment, par des Français et des Algériens, vise à faire connaître celui de l’Autre rive, dans toutes ses dimensions. L’Autre, celui que l’on s’imagine par préjugé, par ignorance, par une croyance naïve et aveugle, comme le tellement différent qu’on ne peut qu’ignorer dans le meilleur des cas. Pourtant, seule la connaissance de l’Autre pourra permettre de dépasser la peur, ce poison qui naît du préjugé. Mieux connaître l’Autre, c’est aussi se connaître soi-même. En ce sens, l’association « Les amis de l’Algérie » a réalisé un exploit, vu la faiblesse de ses moyens, en organisant à Rennes durant ce mois d’octobre, une manifestation riche et ambitieuse, qui a eu des échos aussi bien dans la presse locale qu’algérienne. Plusieurs journées ont scandé des manifestations diverses. Il y a eu des conférences-débats sur le thème de « la justice », la littérature algérienne, ainsi qu’une soirée consacrée au jeunes algériens de Tlemcen. L’art a occupé une place importante pendant ces journées, grâce à la participation d’artistes plasticiens, poètes ou musiciens. Il y a eu aussi de la convivialité, de la chaleur humaine partagée autour de repas, car la cuisine est aussi un vecteur fondamental de la culture . Toutes ces manifestations ont été réalisées avec les moyens du bord et ont reposé uniquement sur le dynamisme des membres de l’association. Or, le succès de ces rencontres devrait inciter toutes les bonnes volontés à renforcer cette association naissante, où tous les talents sont bienvenus. L’association « les amis de l’Algérie » mérite d’être encouragée dans son action car elle représente un moyen efficace pour se faire rencontrer concrètement Algériens et Français, afin d’aller de l’avant.

Amine Boukerche

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